Archives pour la catégorie famille

17 septembre 2009

exTRAIT du jour (1) – ma mère

« exTRAIT du jour » est une nouvelle série
qui débute aujourd’hui.

Faut surtout pas se fier au titre — ces billets
ne seront que sporadiques.

Qu’il s’agisse d’extraits de livres, de chansons, de poèmes ou, dans le cas présent, de notes personnelles, j’espère qu’ils sauront provoquer des réflexions et, bien sûr, des commentaires!

Voici donc ce que j’ai trouvé ce matin — au cours de ma
purge-papier
— dans un de mes vieux cahiers…

Vieux cahier de notes 1995

Ma mère cuisinait des beignes, des mokas, du sucre à la crème, et des biscuits aux pépites de chocolat ; des confitures aux fraises, aux framboises, aux bleuets, et aux mûres lorsqu’il y en avait ; de la compote, des tartes, et de la gelée aux pommes ; des tartes au sucre, à la ferlouche, et au citron couvertes de meringue ; du pain, des tourtières, des grosses dindes bourrées de farce ; du ketchup vert, du ketchup rouge, des betteraves sucrées, et des p’tits cornichons salés ; des patates pilées, des patates frites, des patates au four ; de la purée de navet, du chou bouilli, des carottes en allumettes et des carottes en rondelles ; du steak, des chops de porc frais ; du pâté chinois, du macaroni à la viande, du ragoût de pattes de cochon ; du jambon badigeonné de sauce moutarde et piqué partout de clous de girofle.

Ma mère faisait du ménage, du repassage, du reprisage, et du lavage à la main étendu dehors en plein hiver ; elle peinturait, décapait, tondait, et plantait des fleurs en avant et des tomates en arrière ; elle sciait du bois, pelletait la neige, et pelletait du charbon pour chauffer la fournaise.

Ma mère marchait des milles par jour, aller-retour,
beau temps mauvais temps, advienne que pourra.

Ma mère était une femme dépareillée.
Ma mère ne m’a jamais bercée.

Dessin de clôture avec fleurs

9 août 2009

Carte postale de Bobby Baby (3)

Classé dans bonheur, famille

Le mois passé, mon frère était à Prague.
Si vous ne vous souvenez pas de lui,
voyez les cartes postales 1 et 2.

CartepostaleBobPRAGUEphoto Carte postale de Bobby Baby (3)

Je lui ai parlé, aujourd’hui — c’est la fête de son fils Benoît que j’appelais afin de lui casser les oreilles avec un refrain de circonstance. Mais le neveu, il était sorti célébrer ses 20 ans avec les copains… alors la vieille tante du Québec devra attendre son tour.

Tout ça pour vous dire que mon cher frère Robert a été renversé par l’architecture de Prague. C’est avec son ami d’enfance Louis et, bien sûr, leurs épouses respectives, qu’il a parcouru cette «superbe belle ville» pendant 5 jours.

CartepostaleBobPRAGUEmessage Carte postale de Bobby Baby (3)

Tellement superbe que les mots lui ont semble-t-il manqué pour exprimer son extase — rien qu’à lire, on voit bien. :-)

Bobandmeaskids Carte postale de Bobby Baby (3)

Il est loin le temps où, main dans la main,
nous attendions que l’avenir nous transporte
dans des contrées plus exotiques.

De mon côté, j’attends toujours…
Mais ça va venir!

FLEURSsurgazon440pix Carte postale de Bobby Baby (3)

27 avril 2009

Bonheur = Vincent

Classé dans bonheur, famille

Aujourd’hui… à 2h45 ce matin…
le plus jeune de mes deux fils
a eu 30 ans.

Il est né dans cette vieille maison plantée au fond d’un rang, dans une localité que j’aime appeler — pour me défouler — «Poche d’Air», Comté de Lotbinière.

MAISONPOCHEDAIR Bonheur = Vincent

La photo ci-haut fut prise l’année précédant la naissance de Vincent. Au mois de juin 1978, mon mari-dans-l’temps et moi-même avons quitté la ville pour effectuer un retour aux sources : nous allions vivre la vie peace & love dans notre maison rouge & blanche qui avait un poêle à bois ET un foyer Franklin, mais ni bain ni eau chaude.

Voyez, c’est mon mari-dans-l’temps qui enlève la pancarte «À vendre», et mon fils-unique-à-l’époque qui pose pour la postérité.

CHAMPSETEGLISEPOCHEDAIR Bonheur = Vincent

Assis sur la galerie de notre Our House Is A Very Very Fine House, nous avions une vue prenante sur les champs et, au bout de ceux-ci, à un mille et quelques poussières de nos 60 arpents de terre, le beautiful Downtown Poche d’Air avec son église majestueuse et vide, sauf les dimanches et jours de fête.

MAISONAVANTSEBSOLEIL Bonheur = Vincent

Quand le soleil brillait, ça donnait des tableaux bucoliques.

MAISONPLUIE Bonheur = Vincent

Quand il pleuvait, ça donnait des trous d’boue.

VINCENTNAISSANTGROSPLAN Bonheur = Vincent

Alors donc, Vincent est né un vendredi froid et pluvieux, dans la petite pièce du haut, au bout de l’escalier.

VINCENTETLELITDENAISSANCE Bonheur = Vincent

Tout s’est déroulé dans ce lit que nous avions dépouillé jusqu’au matelas pour ensuite le recouvrir d’un grand plastique en vue de la rupture des eaux. Et rupture il y eut : Huguette, la sage-femme, fut abondamment arrosée et dut endurer son look trempé jusqu’à la fin de l’évènement.

Avec toute l’action qui se déroulait à l’étage — pas de cris, juste de gros efforts et beaucoup de rires — Sébastien a fini par se réveiller mais il était trop impressionné pour sortir de sa chambre. Il a attendu en silence que Vincent soit éjecté du canon, puis il s’est approché de la scène du miracle — ébahi — pour voir son bébé frère flambant neuf étendu sur le ventre de sa maman flambant nue.

Ma mère aussi avait choisi de sauter l’étape de l’expulsion. Elle se tenait occupée en bas, dans la cuisine, sifflant sans relâche afin de conserver son calme : accoucher à la maison, à un mille et quelques poussières du milieu de nowhere, n’était pas son idée de la vie au 20ième siècle. Mais une fois que tout fut terminé et que personne n’était mort, elle a mis Les quatre saisons de Vivaldi sur la table tournante (selon mes directives) et est montée nous rejoindre avec, dans chaque main, une assiette où s’empilaient d’épaisses tranches de pain rôties garnies de ses fameux cretons maison.

Huguette est sortie chercher la bouteille de mousseux qui était restée au froid sur la banquette arrière de son auto ; dans la pénombre de la chambre principale, autour du lit de fer antique, nous avons trinqué à la santé du nouveau joueur.

Ce qui fait que la photo que vous voyez là-haut fut prise deux jours après la naissance de Vincent ; le lit avait été refait, ma mère était retournée chez elle dans le patelin voisin, et j’avais perdu 17 des 19 livres gagnées au cours de ma grossesse.

Je perdrais vite les 2 livres restantes à monter et descendre l’escalier pour allaiter mon petit ogre affamé.

FETEMES30ANS Bonheur = Vincent

Nous voici, l’année suivante, lors de MES 30 ans. C’est maman, la tête coupée, qui tient Vincent ; on peut dire que l’allaitement maternel lui avait réussi, n’est-ce pas ?

Finalement, voici ce que 30 ans ont fait de mon enfant…
6′2″ et de plus en plus beau avec chaque jour qui passe.

VINCENTtheloungeguy Bonheur = Vincent

BONNEFETEVINCENT Bonheur = Vincent
Je t’aime
xoxo

ÉPILOGUE

Au mois de février 1981, nous avons regagné la ville.
Devenue monoparentale, j’avais hâte de changer d’air.
Parce que même si la venue de Vincent fut un cadeau du ciel,
le reste de mon épisode rural fut un enfer !